Le mystère gnostique de l’Abraxas

Le mystère gnostique de l’Abraxas 850 480 V.M. Kwen Khan Khu

Très chers lecteurs :

Je vous fais parvenir ces lignes pour tâcher d’élucider, davantage, ce que nous appellerions :

LE MYSTÈRE GNOSTIQUE DE L’ABRAXAS

À une autre occasion, nous avons déjà énuméré quelques principes sur cet archétype si singulier qui, certes, englobe dans son apparence de nombreux mystères liés au GRAND ŒUVRE INTÉRIEUR.

Nous devons partir de la base que l’ABRAXAS est, avant tout, l’énergie sexuelle même qui exalte ou asservit l’être humain. C’est la FORNICATION qui a conduit l’humanoïde terrestre à perdre sa volonté et ses aspirations pour pouvoir s’approcher des forces divines, c’est-à-dire l’ÊTRE.

Nous avons aussi fait la description des éléments qui composent cette figure archétypique très lointaine, laquelle fut non seulement présente dans la culture gréco-romaine mais même après, durant le Moyen Âge et le XVIIIe siècle, dans le cadre des études alchimiques et occultistes en général…

Permettez-moi d’inscrire dans ces pages quelques mots de l’éminent investigateur du Gnosticisme Stephan Höeller au sujet de ce que cette figure exceptionnelle porte en elle, voyons :

« J’ai mentionné que ce serait une grave erreur de comparer Abraxas à quelque type de Démiurge gnostique conventionnel. Il serait beaucoup plus correct de dire qu’il est la force libératrice grâce à laquelle l’amour et la sagesse sont capables de réaliser la tâche d’émanciper l’âme humaine de l’asservissement du cosmos. Par-dessus tout, Abraxas est terrible c’est-à-dire : explosif . Nous estimons que ce mot ne devrait pas être compris en termes vernaculaires contemporains, mais dans le sens de la terribilitá ─ c’est-à-dire : révolutionnaire ─ de l’homme de la Renaissance, une qualité qui signifiait être craint et admiré à la fois et que possédaient, selon ce qu’on disait, tous ceux qui se distinguaient naturellement comme des personnes exceptionnelles.

Abraxas est terrible, son fouet n’est pas très différent de la corde nouée avec laquelle Jésus fouetta les changeurs d’argent dans le temple. Cette qualité du terrible n’est pas le sceau distinctif de la méchanceté ou de l’arrogance ignorante, comme on pourrait le découvrir dans le cas du Démiurge, mais la manifestation naturelle de la force titanesque qui remplit, inévitablement, la Conscience humaine de terreur et de tremblements ─ comprenez : quand elle n’est pas comprise ni contrôlée ─ ».

Et le même auteur ajoute :

« Le Christianisme moderne et le monde occidental dans leur ensemble ont maintenant atteint un point de crise et les options disponibles ne s’avèrent pas très attractives. Nous ne souhaitons pas l’une de ces catastrophes apocalyptiques qui ont défiguré notre histoire passée, ni non plus le chemin déshumanisant de l’Orient qui aboutirait à une décadence irrémédiable de nos principes. Peut-être que la seule possibilité qu’il nous reste est Abraxas, c’est-à-dire une projection de notre âme tant vers l’extérieur que vers l’intérieur, tant vers la lumière que vers les profondeurs sombres de nos racines biologiques, dans l’espoir de trouver l’archétype pur dans la combinaison des deux. Cet archétype pur serait l’image du Dieu qui est en nous, et qui est resté trop longtemps submergé, comme l’Atlantide, sous les eaux de notre Conscience. Ainsi Abraxas exprimerait aussi l’Homme Total ! »……

En nous aventurant maintenant dans le symbole qui nous concerne, nous dirons, certes, qu’Abraxas apparaît avec sa tête de coq pour nous indiquer qu’il est l’annonciateur du Soleil, celui qui annonce l’aube d’un nouveau jour. Telle est la qualité spécifique de notre Mercure Philosophale.

Son tronc est couvert d’une armure métallique, car il est, en soi, le métal alchimique qui, unit au feu, fabrique notre armure argentée.

Avec l’un de ses bras il tient le fouet de la volonté, sans laquelle il n’est pas maniable et pourrait détruire l’humanité, comme cela s’est produit avec l’actuelle progéniture humaine qui est devenue esclave de la fornication.

La tête de coq nous rappelle le GAIO des gnostiques, le mantra sacré I.A.O. présent dans nos traités d’Alchimie et dans nos pratiques avancées.

Nous avons déjà dit très souvent que le bouclier qu’il tient avec son autre bras symbolise la prudence, très nécessaire quand le dévot veut parcourir le chemin et affronter les mystères de la Neuvième Sphère.

Ses jambes serpentines, en plus de symboliser les canaux appelés IDA ET PINGALA dans le Tantrisme hindou, par lesquels le Mercure monte victorieux le long de l’épine dorsale jusqu’à s’établir dans l’entre-sourcils de l’Initié, forment dans cette gravure le signe de l’infini. Ce dernier souligne de manière déterminante que ce n’est qu’au moyen de l’eau radiante, LE MERCURE DES SAGES, que nous pouvons aspirer à l’éternité et abandonner la roue du temps ─ c’est-à-dire : Samsara ─.

Il y a trois figures ajoutées à cette gravure qui s’avèrent extrêmement intéressantes.

La femme agenouillée et effrayée par la furie de l’Abraxas nous lance un appel pour savoir choisir la femme adéquate pour le travail dans la Forge des Cyclopes. Cette femme ne peut être l’Ève-Vénus  ─ la femme amoureuse de la fornication ─, car elle serait notre propre perdition. Rappelons, également, que la femme est la porte d’entrée à l’Eden. Nous sommes sortis de l’Eden avec la femme à cause du désir animal et c’est seulement avec la femme que nous pourrons nous racheter aux yeux du Père grâce au sacrement de l’amour alchimique.

Il s’avère également curieux d’observer l’Abraxas assit sur la pierre à neuf côtés. Beaucoup de vrais Maîtres de l’Ars Magna ─ l’Alchimie ─ ont dit que la Pierre Philosophale est une Pierre cubique à neuf côtés, ce qui signifierait que ladite Pierre bénie a neuf faces, correspondantes à l’authentique PIERRE DES SPLENDEURS qui est couronnée du triangle représentatif de l’éternel Triamazikamno ─ les trois forces primaires de la création ─.

Nous finissons notre description en montrant, à notre lecteur, le singulier mantra ABRACADABRA, qui est ici divisé en syllabes. Abracadabra est le mantra qui ouvre toutes les portes et, dans notre gravure, il nous dit qu’au moyen d’Abraxas, au moyen du Mercure Soufré, les portes du ciel et les portes qui gardent tous les mystères s’ouvrent à nous…..

Très près d’Abraxas et de la femme agenouillée nous observons une tête de mort ou crâne. C’est la pensée de la mort, le rappel constant qu’on nous fait de MOURIR EN NOUS-MÊMES, détruire notre Ego animal afin de triompher dans la conquête de la Toison d’Or ─ le Christ intime ─.

Je me permets d’ajouter, à nouveau, quelques considérations finales fort heureusement issues de la plume de Stephan Höeller :

« L’individualisation de l’humanité, d’une part, s’étend vers le ciel, où l’éminente et Divine Mère réceptive du mental éternel Mater Cœlestis attend de nous recevoir, et, d’autre part, elle a ses racines dans le monde souterrain de l’Éros phallique, le Père Terrestre, dont la force et l’énergie élémentale fournit la force nécessaire pour monter. Le phallus, comme un arbre vivant, croît depuis les recoins humides et sombres de la terre des instincts, et s’allonge vers le vide infini de l’espace, dans le ventre de la Mater Cœlestis, la mère éthérée intronisée au milieu des étoiles. Le sperme du phallus terrestre, la sève de l’Etz Chiim l’arbre de la Vie de la Cabbale , projeté dans le ventre de la mère céleste fertilise l’œuf cosmique psychologique, duquel le nouveau cosmos de la Conscience est destiné à sortir.  Ainsi, suite au jeu Éonique des opposés de la danse et de la lutte, l’union finale du ciel et de la terre a lieu, qui engendrent l’androgyne Anthropos, le Nouvel Homme, le Christ des gnostiques, qui est le paradigme de l’Ego transformé et individualisé de chaque individu et de toute l’humanité ».

MYSTERIUM TREMENDUS ETIFASCINANS.
─‘L’imposant et captivant mystère’─.

QUE LES ÉNERGIES SACRÉES DU BÉNI THEOMEGALOGOS SOIENT AVEC VOUS TOUS.
KWEN KHAN KHU

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